Salaires dans les banques : ce que vous devez savoir en 2026

Pelletier

20/01/2026

Salaires dans les banques : ce que vous devez savoir en 2026

Le secteur bancaire demeure en 2026 l’un des piliers de l’économie française, combinant stabilité, innovation et exigences croissantes en matière de compétences. Il attire chaque année des milliers de candidats, attirés par la perspective d’une carrière évolutive et bien rémunérée. Toutefois, la réalité salariale dans ce secteur est loin d’être uniforme.

Elle varie considérablement selon les fonctions, les niveaux d’expérience, les types d’établissements, et les zones géographiques. Comprendre ces disparités est essentiel pour les jeunes diplômés qui s’orientent, les professionnels en reconversion, ou encore les cadres en quête d’évolution.

Les chiffres publiés par Michael Page ou le Journal du Net en début d’année 2026 offrent une photographie actualisée des tendances, tandis que la convention collective de la banque continue de jouer un rôle structurant.

Évolution des rémunérations dans le secteur bancaire en 2026

En 2026, les salaires dans la banque reflètent une double dynamique: d’un côté, une pression sur les coûts dans les réseaux physiques et les fonctions support; de l’autre, une forte demande de talents dans les domaines de la finance de marché, de la gestion de patrimoine et de la conformité. Cette dualité se traduit par des écarts croissants entre les postes d’encadrement et les fonctions opérationnelles.

Alors que les rémunérations des cadres supérieurs progressent modérément, soutenues par les bonus liés à la performance, celles des juniors sont davantage ancrées dans les grilles conventionnelles. La numérisation des services bancaires a accentué cette tendance, réduisant certaines fonctions administratives tout en valorisant les compétences en data, cybersécurité et gestion des risques réglementaires.

Les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Marseille concentrent les postes les mieux rémunérés, notamment dans les banques d’investissement ou les directions centrales. À l’inverse, les agences de proximité voient leurs structures salariales évoluer plus lentement, malgré une certaine revalorisation due à la tension sur certains profils, comme les conseillers en gestion de patrimoine.

L’année 2026 marque également une stabilisation des salaires de base, compensée par une revalorisation des bonus dans les fonctions liées à la performance commerciale ou financière. Le recrutement international, notamment vers Londres ou Francfort, influence aussi les fourchettes salariales, poussant certaines banques à ajuster leurs offres pour rester compétitives.

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Les postes les mieux rémunérés en 2026

Directeur d

Les fonctions à responsabilité élevée dominent le classement des rémunérations dans la banque. Selon les données du Journal du Net, le directeur d’investissement ou de fonds occupe la première place avec un salaire brut mensuel moyen de 12 291,50 €. Ce poste, souvent basé à Paris ou à La Défense, exige une expertise approfondie des marchés financiers, une capacité à prendre des décisions stratégiques sous pression, et une parfaite maîtrise des outils de modélisation.

Le deuxième rang est occupé par le responsable consolidation, avec un salaire moyen de 11 167 €. Cette fonction, cruciale pour la fiabilité des états financiers des groupes bancaires, requiert une double compétence comptable et réglementaire, notamment en lien avec les normes IFRS 9 et IFRS 17.

Le responsable conformité figure en troisième position avec 9 083,50 € de salaire brut moyen. Face à l’explosion des réglementations Bâle IV, MIFID II ou encore la lutte contre le blanchiment, ce rôle est devenu central. Il mobilise des compétences juridiques, opérationnelles et technologiques pour garantir l’intégrité de l’établissement.

Viennent ensuite le directeur d’agence (8 846 €) et le directeur marketing (7 895,50 €). Ces deux fonctions, bien que situées dans des univers différents, partagent une forte exigence en matière de leadership, d’analyse de données clients et de pilotage de la performance.

Le premier gère une structure, une équipe et un portefeuille de clients, tandis que le second conçoit et déploie des stratégies commerciales sur des segments entiers.

Écarts salariaux selon les types de banques

Le type d’établissement bancaire influence considérablement la rémunération. Les banques d’investissement, comme Goldman Sachs ou BNP Paribas CIB, offrent des packages les plus élevés, souvent augmentés de bonus pouvant représenter jusqu’à 50 % du salaire de base. En revanche, les banques de détail comme la Banque Postale ou Crédit Mutuel appliquent des grilles plus stables, ancrées dans la convention collective.

Les banques privées et les family offices, qui ciblent une clientèle fortunée, offrent des rémunérations mixtes: fixe + variable, avec des bonus liés à la performance du portefeuille géré. Enfin, les fintechs bancaires, comme Qonto ou Lydia, adoptent des modèles hybrides, combinant salaires fixes compétitifs et plans d’intéressement ou d’actions, pour attirer des talents en tech et en finance.

Les disparités géographiques sont également marquées. Un directeur d’agence à Paris peut percevoir un salaire 30 % supérieur à son homologue en zone rurale, malgré des responsabilités similaires. Cette prime de localisation s’explique par le coût de la vie, mais aussi par la densité du marché et les objectifs commerciaux plus élevés fixés dans les grandes métropoles.

Les banques ont d’ailleurs mis en place des politiques de mobilité interne pour permettre aux cadres de bénéficier de ces ajustements, tout en maintenant une cohérence de gestion des talents au sein du groupe.

Les salaires d’entrée: entre formation et convention

Pour les jeunes diplômés, les débuts dans la banque sont généralement modestes, mais encadrés par des garanties légales. Le salaire d’un conseiller clientèle particuliers s’établit en moyenne à 2 848 € bruts mensuels, selon les données 2026. Ce montant peut augmenter dans les banques privées ou les réseaux haut de gamme.

Un assistant gérant ou un analyste crédits débutant perçoit entre 4 291,50 € et 4 541,50 € bruts mensuels. Ces chiffres sont largement influencés par le niveau de diplôme: un master en gestion de patrimoine ou en finance de marché ouvre la porte à des offres plus élevées qu’un BTS banque.

La formation initiale joue donc un rôle déterminant dans la négociation salariale à l’embauche. Les écoles comme l’ESG Finance, l’ESC ou l’Université Paris Dauphine forment des profils très recherchés par les directions centrales ou les banques d’investissement. Les programmes en alternance sont particulièrement prisés, permettant aux étudiants d’acquérir une expérience concrète tout en bénéficiant d’un salaire progressif selon leur année de contrat et leur âge, comme le prévoit le Code du travail.

La convention collective et les minima salariaux

Le cadre salarial dans la banque est largement structuré par la convention collective nationale des cadres et des employés de banque. Cette convention établit des grilles de salaires par niveau (de A à K), intégrant l’ancienneté. Par exemple, un employé au niveau D perçoit un salaire annuel minimum de 22 937 € à l’embauche, qui évolue jusqu’à 25 338 € après 20 ans d’ancienneté.

Pour les cadres, les montants sont nettement plus élevés: un niveau I démarre à 38 284 € annuels bruts, avec un plancher revalorisé à 36 000 € pour les cadres de plus de 50 ans.

Il est important de noter que ces montants sont des minima. Ils ne comprennent pas les primes, les bonus ou les avantages en nature. Le SMIC n’est donc pas applicable dans ce secteur, car le salaire conventionnel est toujours plus favorable.

La vérification du respect du salaire minimum se fait sur la base du salaire de base + le 13e mois, mais hors commissions, heures supplémentaires ou participation. Pour les travailleurs à temps partiel, le salaire est calculé au prorata du temps effectif.

Niveau À l’embauche (annuel brut) 15-19 ans d’ancienneté 20 ans et plus
D 22 937 € 24 640 € 25 338 €
F 25 822 € 27 951 € 28 766 €
I 38 284 € 41 630 € 42 880 €
K 55 036 € 58 850 € 61 645 €

Compléments de rémunération et perspectives

Équipe de banque discutant des bonus annuels lors d

Le salaire fixe ne représente qu’une partie de la rémunération dans le secteur bancaire. La part variable, sous forme de bonus, primes ou commissions, peut représenter entre 10 % et 50 % du revenu total pour les postes à objectifs. Dans les banques d’investissement, les bonus annuels peuvent même dépasser le salaire de base, bien que leur montant soit désormais encadré par la réglementation européenne.

En 2026, la tendance est à une meilleure transparence sur ces compléments, notamment avec la mise en œuvre de la directive sur la transparence salariale.

Les avantages en nature sont également significatifs: mutuelle haut de gamme, prévoyance, retraite complémentaire, tickets restaurants, voire logement de fonction pour certains postes à l’international. Les comités d’entreprise offrent des prestations intéressantes: chèques vacances, réductions sur les produits bancaires, financement de formations. Ces éléments, bien que non monétisés directement, contribuent à la qualité de vie au travail et à la fidélisation des talents.

Évolution des compétences recherchées

Employés de banque en formation continue sur les outils numériques et la cybersécurité

En 2026, les compétences techniques évoluent rapidement. La maîtrise des langages comme Python ou R est devenue un atout pour les analystes financiers, les contrôleurs de risques ou les actuaires. La cybersécurité, les données massives (big data) et l’intelligence artificielle transforment les métiers du back et middle office.

Les banques recrutent activement des profils hybrides: finance + data, droit + tech, gestion de patrimoine + fiscalité internationale. La formation continue est donc une nécessité, et les établissements les plus innovants intègrent des parcours de développement personnalisés dans leurs politiques RH.

Le métier de chargé d’affaires grandes entreprises, par exemple, n’exige plus seulement des compétences en crédit ou en trésorerie, mais aussi une compréhension fine des enjeux ESG, de la transformation numérique ou du financement vert. De même, le gestionnaire de patrimoine doit désormais être capable de conseiller sur l’investissement responsable, les cryptomonnaies ou les solutions de transmission patrimoniale innovantes. Ces évolutions ouvrent la voie à de nouvelles fourchettes salariales, encore en cours de structuration.

Questions fréquentes

Le salaire moyen brut mensuel dans le secteur bancaire s’établit autour de 5 500 € en 2026, mais varie fortement selon les postes. Les fonctions d’encadrement ou d’expertise dépassent souvent 8 000 €, tandis que les postes d’accueil sont proches de 3 000 €.

Non, le SMIC ne s’applique pas dans le secteur bancaire car la convention collective prévoit des minima salariaux toujours supérieurs au SMIC. L’employeur doit appliquer le salaire conventionnel le plus favorable.

Préparez votre argumentaire autour de votre expérience, de vos diplômes, et des salaires de marché. Consultez des études comme celles de Michael Page. Mettez en avant vos résultats passés et vos compétences rares, notamment en data, cybersécurité ou conformité.

Un BTS Banque ou une licence professionnelle en finance/comptabilité est un bon départ. Pour des postes plus élevés, visez un master en gestion de patrimoine, finance de marché ou école de commerce. L’alternance est fortement recommandée.

Les gestionnaires de fortune expérimentés peuvent percevoir entre 15 000 € et 20 000 € bruts mensuels, voire plus avec les bonus. Les directeurs de clientèle premium ou les responsables d’équipe sont également très bien rémunérés.