Le nom « Crédit Foncier de France » évoque une longue tradition dans le financement immobilier hexagonal. Bien qu’il ne soit plus visible au quotidien sous forme de réseau d’agences, son héritage perdure à travers des structures spécialisées et des produits qui continuent d’accompagner les projets immobiliers.
En 2026, comprendre son rôle suppose de remonter le fil de son histoire, d’analyser ses transformations successives et de cerner ce qu’il est devenu dans le paysage bancaire actuel, dominé par de grands groupes comme le Groupe BPCE. Cet article vous propose une immersion complète dans le parcours de cette institution, depuis sa création au XIXe siècle jusqu’à sa réinvention contemporaine.
La création du Crédit Foncier de France en 1852
Le Crédit Foncier de France voit le jour le 28 février 1852 par décret de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III. À cette époque, la France traverse une mutation économique profonde. L’essor des chemins de fer détourne l’épargne des particuliers vers des placements moins stables, au détriment du monde agricole.
Pour répondre à ce déficit de financement foncier, l’État met en place un mécanisme innovant: la création de sociétés de crédit hypothécaire capables d’émettre des obligations garanties par des prêts immobiliers.
Deux figures clés ont contribué à cette initiative: Xavier Branicki et Louis Wolowski. Branicki, un magnat polonais exilé en France, avait observé en Ukraine l’efficacité des systèmes de prêts garantis par des hypothèques. Il partage cette expertise avec le pouvoir en place.
Wolowski, juriste et économiste d’origine polonaise, apporte une légitimité intellectuelle au projet. Ensemble, ils posent les bases d’un modèle bancaire hybride: à la fois public et ouvert au marché.
Cette fondation marque un tournant dans l’histoire du financement immobilier français. Pour la première fois, un organisme centralise l’accès au crédit immobilier, non seulement pour les particuliers, mais aussi pour les collectivités locales. Le Crédit Foncier devient rapidement un pilier de l’aménagement du territoire, finançant la construction d’écoles, de logements sociaux et d’équipements publics.
Son influence s’étend aussi à l’immobilier privé, où il permet aux ménages d’accéder à la propriété grâce à des prêts à long terme, souvent sur 15 à 20 ans.
Évolution institutionnelle et privatisation du XXe siècle
Au fil des décennies, le Crédit Foncier de France évolue pour s’adapter aux mutations économiques et aux réformes bancaires. Après avoir été une entité publique, il connaît une étape majeure en 1999: sa privatisation. Cette année-là, il est rattaché au groupe Caisse d’Épargne, qui deviendra par la suite le Groupe BPCE après fusion avec les Banques Populaires en 2009.
Cette intégration marque un tournant stratégique: l’établissement passe d’une structure indépendante à une filiale au sein d’un grand groupe bancaire mutualiste.
Parallèlement, la loi du 25 juin 1999 sur les sociétés de crédit foncier impose une réorganisation juridique. Elle vise à renforcer la sécurité des obligations foncières en instaurant un privilège de créance prioritaire. Pour se conformer à cette nouvelle réglementation, le Crédit Foncier de France crée la Compagnie de Financement Foncier (CFF), une société anonyme à 100 % de sa propriété.
Cette entité absorbe les actifs éligibles, notamment les prêts hypothécaires et les obligations foncières, afin de garantir leur pérennité et leur attractivité sur les marchés financiers.
Le Crédit Foncier de France continue néanmoins d’assurer la gestion des prêts, le recouvrement des échéances et la relation client. Il devient ainsi un intermédiaire entre les emprunteurs et la CFF, qui joue un rôle de refinancement. Ce modèle permet de séparer la fonction commerciale de la fonction de titrisation, renforçant la stabilité du système.
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Le rôle de la Compagnie de Financement Foncier (CFF)
En 2026, la Compagnie de Financement Foncier (CFF) est l’héritière directe du modèle économique du Crédit Foncier de France. Elle n’est pas une banque de détail, mais un acteur de marché spécialisé dans la titrisation des prêts immobiliers. Son activité principale consiste à émettre des covered bonds, des obligations garanties par des prêts immobiliers et des prêts aux collectivités locales.
Ces titres bénéficient d’un double recours: sur l’émetteur (la CFF) et sur le portefeuille d’actifs sous-jacent, ce qui en fait un placement très sécurisé.
La CFF joue un rôle crucial dans le refinancement du secteur immobilier français. Elle achète des créances auprès de banques du Groupe BPCE (Caisse d’Épargne, Banque Populaire) et les transforme en obligations négociables sur les marchés financiers. Cela permet à ces banques de libérer de la trésorerie et de refinancer de nouveaux prêts, alimentant ainsi le cycle du crédit immobilier.
En ce sens, bien que le Crédit Foncier de France ait cessé son activité commerciale, son ADN se perpétue à travers la CFF.
La CFF est régulièrement notée par les agences financières, comme Moody’s ou Fitch, et publie des rapports de transparence conformes aux exigences Pilier III de Bâle. Ces documents, accessibles en ligne, offrent une vision précise de son risque, de sa structure de financement et de sa performance. En 2025, elle a même émis un Social Bond récompensé pour son impact sur le financement du logement social, illustrant son engagement dans des projets d’intérêt général.
Les produits phares du Crédit Foncier avant 2019
Jusqu’à l’arrêt de son activité commerciale en 2019, le Crédit Foncier de France commercialisait plusieurs produits emblématiques. Le plus connu était le prêt viager hypothécaire, aujourd’hui rebaptisé Foncier Reversimmo. Ce produit s’adresse aux propriétaires âgés de plus de 60 ans souhaitant transformer la valeur de leur bien immobilier en revenus complémentaires sans en perdre la jouissance.
Il repose sur un mécanisme de prêt garanti par une hypothèque, dont le remboursement intervient à la vente du bien ou au décès de l’emprunteur.
Ce type de crédit a connu un regain d’intérêt dans les années 2020, porté par le vieillissement de la population et les inquiétudes sur les retraites. En 2026, il est toujours distribué, non plus directement par le Crédit Foncier, mais via les réseaux des Caisses d’Épargne et des Banques Populaires. Ces dernières assurent la prise de rendez-vous, l’instruction des dossiers et la signature des contrats, tandis que le financement provient du pôle spécialisé du groupe.
Outre ce produit, le Crédit Foncier intervenait aussi dans le financement des collectivités locales, notamment pour la construction d’équipements publics. Il proposait des prêts à long terme avec des conditions adaptées aux spécificités budgétaires des communes, départements et régions. Ce domaine reste actif via la CFF, qui détient un portefeuille important de prêts à la sphère publique locale.
Que reste-t-il du Crédit Foncier de France en 2026?
Depuis 2019, le Crédit Foncier de France n’offre plus de nouveaux produits de crédit immobilier aux particuliers. Son site internet, creditfoncier.fr, reste opérationnel, mais uniquement pour les clients ayant encore des prêts en cours.
Il permet notamment l’accès à l’espace client, la consultation des échéances, ou la mise à jour des coordonnées bancaires. La gestion quotidienne des dossiers est assurée par des équipes intégrées au sein du Groupe BPCE.
Cette cessation d’activité commerciale s’inscrit dans une logique de rationalisation des marques du groupe. Plutôt que de multiplier les enseignes, BPCE a choisi de centraliser l’offre de crédit immobilier sous les bannières Banque Populaire et Caisse d’Épargne, mieux connues du grand public. Le Crédit Foncier, en tant que marque grand public, a donc disparu, mais son expertise technique et son savoir-faire ont été préservés.
Pour les emprunteurs en 2026, cela signifie que les produits autrefois portés par le Crédit Foncier sont désormais accessibles au guichet de leur banque habituelle, à condition qu’elle appartienne au groupe. Sinon, des courtiers en crédit comme Credixia, expert en taux immobiliers peuvent aider à trouver les meilleures conditions, même si elles ne proviennent plus directement de cette entité historique.
Testez vos connaissances sur le Crédit Foncier
Question 1: En quelle année le Crédit Foncier de France a-t-il été fondé?
Question 2: Quel produit emblématique distribuaient les Caisses d’Épargne et les Banques Populaires à partir de 2007?
Alternatives actuelles pour le financement immobilier
Bien que le Crédit Foncier de France ne soit plus actif en tant que distributeur, les besoins en financement immobilier n’ont pas disparu. En 2026, les emprunteurs disposent de plusieurs alternatives. Les banques traditionnelles du Groupe BPCE, comme la Caisse d’Épargne ou la Banque Populaire, continuent de proposer des prêts immobiliers classiques, parfois avec des taux avantageux pour leurs clients historiques.
Les courtiers en crédit, comme Credixia, n°1 des taux immobiliers, jouent un rôle croissant. Ils comparent les offres de dizaines de banques en quelques jours et négocient les meilleures conditions. Leur intervention est particulièrement utile dans un contexte de taux variables ou pour des dossiers complexes.
Ils peuvent aussi orienter vers des produits spécialisés, comme les prêts-relais ou les crédits pour investissements locatifs.
Enfin, de nouveaux acteurs digitaux, les néobanques, offrent des solutions rapides et entièrement en ligne. Leurs processus sont simplifiés, mais leur offre reste souvent moins adaptée aux gros projets ou aux profils atypiques. Pour les seniors, le prêt viager hypothécaire reste accessible, mais il convient de bien en comprendre les implications fiscales et patrimoniales.
Des simulations gratuites sont disponibles sur les sites des établissements partenaires.
Organisation actuelle et gouvernance
Le Crédit Foncier de France est aujourd’hui une société anonyme dont 100 % du capital est détenu par BPCE SA, la société mère du groupe bancaire. Son siège social est situé au 182, avenue de France, dans le 13e arrondissement de Paris. La direction est assurée par Jérôme Terpereau, nommé en 2023.
L’entreprise compte environ 400 salariés, principalement affectés aux fonctions de gestion, de conformité et de relation clientèle.
L’entité ne publie plus de chiffres d’affaires séparés, car elle n’a plus d’activité commerciale autonome. En revanche, la Compagnie de Financement Foncier produit des rapports financiers annuels, disponibles dans la section foncier.fr.
Ces documents incluent les états de synthèse, les notes d’analyse et les indicateurs de risque. Ils sont audités par des cabinets indépendants et soumis aux autorités de contrôle, comme l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).
La gouvernance interne repose sur un conseil d’administration et un comité exécutif. Des politiques strictes encadrent la gestion des risques, la conformité réglementaire et la protection des données. L’accent est également mis sur la RSE, avec des engagements en faveur de la mixité, de l’égalité professionnelle et du développement durable.
En 2024, l’entreprise a lancé un plan pour renforcer la diversité dans ses recrutements, en particulier chez les jeunes en alternance.
Références réglementaires et transparence financière
Le Crédit Foncier de France et la Compagnie de Financement Foncier sont soumis aux règles strictes de transparence bancaire. Ils publient chaque année leurs rapports Pilier III, qui détaillent leur exposition aux risques de crédit, de marché et opérationnels. Ces documents sont accessibles en ligne et visent à renforcer la confiance des investisseurs et des autorités de surveillance.
En 2025, le dernier rapport Pilier III du Crédit Foncier a été publié le 19 mars, avec une mise à jour en août. Il couvrait l’exercice 2024 et offrait une vue précise des encours de prêts, des ratios de solvabilité et des politiques de gestion des risques. Ces publications s’inscrivent dans le cadre du dispositif Bâle III, qui vise à prévenir les crises financières en imposant des fonds propres suffisants aux établissements.
Par ailleurs, la CFF émet régulièrement des covered bonds sur les marchés européens. Ces émissions sont notées par des agences comme Standard & Poor’s ou Moody’s, ce qui garantit leur qualité et leur attractivité. En 2023, une émission de Social Bond a été particulièrement saluée pour son impact sur le financement du logement social, illustrant la capacité du groupe à allier performance financière et utilité sociale.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le Crédit Foncier de France aujourd’hui?
Il s’agit d’une société historique, filiale du Groupe BPCE, qui gère les prêts existants mais ne propose plus de nouveaux crédits depuis 2019.
Le prêt viager hypothécaire existe-t-il encore?
Oui, il est désormais distribué sous le nom de Foncier Reversimmo par les réseaux des Caisses d’Épargne et des Banques Populaires.
Quelle est la différence entre le Crédit Foncier et la CFF?
Le Crédit Foncier de France gère la relation client, tandis que la Compagnie de Financement Foncier (CFF) assure le refinancement via des obligations.
Puis-je encore contacter le Crédit Foncier?
Oui, si vous avez un prêt en cours. L’espace client en ligne et les services de relation client sont toujours opérationnels.
Quelle est la situation du siège historique?
Le siège est toujours situé au 182, avenue de France, à Paris, bien que l’enseigne « Crédit Foncier » ne soit plus visible en agence.
La CFF est-elle une banque?
Non, c’est une société de crédit foncier spécialisée dans la titrisation. Elle n’a pas de réseau d’agences ni de compte courant.
Comment fonctionne un covered bond?
C’est une obligation garantie par un portefeuille d’actifs immobiliers. En cas de défaillance, les investisseurs ont un double recours: sur l’émetteur et sur les prêts sous-jacents.
Peut-on encore investir dans les obligations du Crédit Foncier?
Oui, via les émissions de la CFF, accessibles aux investisseurs institutionnels et, dans certains cas, aux particuliers via des OPCVM spécialisés.